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Elisabeth Darchis
Prezentare de carte

Elisabeth Darchis - psihanalist de cuplu si de familie, prezinta:
“Amour, haine et tyrannie dans la famille”

Gérard Decherf, Anne Marie Blanchard, Elisabeth Darchis, chez In Press (2006)

pentru varianta în limba română: click aici

Notre livre a pour projet d’approcher les phénomènes de violence et de haine dans les liens tyranniques familiaux tant dans leurs effets que dans leurs causes. L’ouvrage regroupe des interventions et des articles de TFP et il s’adresse aux professionnels impliqués dans le soin psychique des familles, mais aussi à tous les acteurs sociaux qui veulent comprendre les mécanismes de la tyrannie dans la famille, le groupe, les institutions soignantes ou le sociétal. Dans une première partie nous verrons quelques bases théoriques relatives à la violence et à la haine dans les liens familiaux. Nous étudierons avec Gérard Decherf et Elisabeth Darchis un rappel des causes et des effets de la violence dans la famille et nous décrirons les menaces d’effraction et d’implosion psychiques provoquées par les violences internes ou externes conduisant l’enfant à s’organiser défensivement dans des comportements d’alliance et de soumission ou de refus et d’attaque. Ensuite, Anne Marie Blanchard montrera que la tyrannie psychique ne vient pas seulement du fait de l’immaturité de l’enfant. Ce dernier est livré à des pulsions anarchiques et tyranniques qu’il lui faudra organiser au fur et à mesure de la maturation de son appareil psychique et il sera de plus en butte aux traumatismes insuffisamment élaborés transmis par ses ascendants. Avec Alberto Eiguer, nous distinguerons les phénomènes d’emprise des liens violemment passionnés. Cet auteur explore les différents visages de la haine : passion, volupté, emprise, et il illustre ces phénomènes avec notamment une grande figure de l’histoire : la Grande tsarine Catherine II Dans la deuxième partie, nous approcherons les mécanismes qui accompagnent les fonctionnements haineux et tyranniques dans l’article de Serge Tisseron comme la honte ou la culpabilité qui peuvent provoquer des confusions. L’auteur va nous montrer comment dans le drame d’Outreau, cette confusion méconnue chez les enfants entraînent celles des adultes. Pierre Benghozi abordera l’importance en thérapie et dans le champ social, du travail psychique de ritualisation du pardon comme l’expression d’un processus de réparation à la honte et à l’attaque haineuse contre le lien à l’humain. Pour cela, il appuiera son dire sur « Le complexe d’Antigone » qui illustre l’attaque contre les rituels et la violence humiliante symbolicide. Nous entreverrons troisièmement, quelques autres illustrations littéraires des liens haineux et tyranniques, notamment dans la famille d’André Gide, avec Anne-Marie Blanchard qui analyse l’exclamation « Familles, je vous hais ! » dans son contexte littéraire et par rapport au vécu personnel de Gide dans sa famille. Elle fait l’hypothèse d’un désaccordage entre les besoins de Gide enfant et les exigences de son milieu familial, de sa mère notamment. La phrase célèbre prend ainsi une autre dimension et ouvre sur de nouvelles perspectives : la naissance de l’objet, le sentiment d’existence, le recours à la création. Dans les contes de fées nous pourrons suivre avec Elisabeth Darchis, le processus qui organise les liens tyranniques familiaux notamment en rapport avec les défaillances des contenances familiales et nous verrons comment le processus d’évolution personnel à l’aide de l’entourage peut se déprendre de ces liens tyranniques aliénants tant dans les contes de fées que dans le déroulement de la thérapie familiale psychanalytique. Puis les aspects cliniques seront abordés en quatrième partie, en particuliers l’attente des parents qui utilisent l’enfant pour une reconstruction narcissique parentale au détriment de leur enfant. Haydée Pooper nous montrera dans deux exemples familiaux comment ce lien abusif, trop fusionnel, voir incestueux au service des besoins du parent, entraîne parfois un renversement de la tyrannie dans les liens. Cette description sera enrichie par d’autres exemples cliniques familiaux qui fonctionnent sous le régime de la haine agie sans recul, notamment avec Didier Pilorge et Brigitte Brégégère qui relateront la thérapie familiale psychanalytique d’une famille qui n’existe que dans l’excitation, l’agir et la confusion : haine de soi, haine de l’autre, haine du fonctionnement psychique. La dépendance à la famille peut s’exprimer aussi dans des liens addictifs comme le montre Pierre-Marie Treillet et Anne-Violette Vachot. La thérapie familiale psychanalytique qu’ils présenteront viendra témoigner du vécu psychique d’une famille au prise avec un héritage de haine issu des évènements traumatiques familiaux des générations précédentes. Dans ce travail nous verrons comment s’amorcent les processus de séparation, d’individuation et de différentiation. Les soins apportés aux familles dans les institutions montreront dans la cinquième partie, la complexité du cadre et des dispositifs, que ce soit dans les services sociaux aux prises avec les effets de la haine familiale transgénérationnelle avec l’article de Danièle Quemenaire ou dans un service de pédiatrie d’un hôpital général avec la réflexion de Ruben Jablonsky et Florence Garnier. La thérapie familiale psychanalytique qu’ils présenteront montre que sous le symptôme anorexique d’un membre de la famille se cache différents affects, notamment la haine non élaborée issue du transgénérationnel. Nous verrons dans ces différentes prises en charge que la contenance du cadre thérapeutique accompagne l’élaboration de vécus anciens et dénoue les liens tyranniques tout en différenciant les membres de la famille. Avec Christine Fadhlaoui et Claire Lapierre, nous parlerons également d’un dispositif de thérapie familiale en institution, dans un hôpital psychiatrique. Ce travail interroge aussi la dimension tyrannique des liens intrafamiliaux et leur transmission d’une génération à l’autre. Cela montre comment des parents qui ont été victimes d’un aïeul tyrannique induisent avec leur enfant le même type de lien. Dans la sixième partie nous terminerons avec quelques aspects de la haine et de la violence que nous rencontrons dans la société. Christine Leprince traitera du thème de la haine qui perturbe les référents fondamentaux qui structurent l’individu dans sa relation à l’autre et au groupe. Son questionnement utilisera l’homosexualité comme modèle d’un lien narcissique étayé sur la figure du même. Christine Joubert nous présentera comment les fantasmes originaires doivent s’étayer sur une histoire humaine, spécifique et généalogique, pour circuler et être structurants à un niveau individuel. Nous verrons que lorsque l’histoire est déniée, la haine destructrice est à l’œuvre autour de représailles violentes. L’archaïque meurtrier, délié, peut se déposer, se destiner à un membre de la famille, peut-être le plus fragile ou sur une communauté, sur le plan social. Ces derniers restent en proie à des envies destructrices et à une jalousie féroce à l’égard de l’objet, dans une désintrication d’Eros et de Thanatos : ce qui paraît à l’œuvre actuellement au sein des liens sociaux. Claude Nachin nous instruira encore sur des violences sociétales : celles faites aux malades mentaux du fait des conditions de leur internement, mais aussi du fait des traitements, y compris les traitements psychanalytiques ! Enfin, nous verrons avec Gérard Decherf la confusion qui peut s’établir entre les lois familiales et les lois sociales. Des interactions peuvent se produirent entre les unes et les autres dans un sens positif ou dans un sens négatif, par une consolidation ou une destruction du fonctionnement psychique quand les défaillances familiales et sociales viennent à se conjuguer. Tout au long de cet ouvrage, rédigé par des thérapeutes psychanalytiques de la famille, les différentes approches approfondiront les processus haineux et tyranniques dans la famille et apporteront une richesse pour la réflexion sur les phénomènes de haine et de violence dans nos sociétés.