<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="65001"%> Psihanaliza de familie - Interviuri





Home | Biblioteca | Articole | Interviuri | Evenimente | Formare | Contact

 


 
Cristina Calarasanu
Interviuri

Christiane Joubert - psihanalist de grup, cuplu si familie,
în dialog cu Cristina Călărăşanu

pentru varianta în limba română: click aici

Cristina Calarasanu: Disez-nous s’il vous plait quelque mots sur vous? Qui est Christiane Joubert?

Christiane Joubert: Christiane Joubert, âgée de 55 ans, est psychologue clinicienne de formation, depuis 1983, docteur en psychopathologie clinique, Maître de Conférences à l’université Lyon 2, Psychanalyste de Groupe, (membre de la Société Française de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe), Psychanalyste de Couples et de Familles ( membre fondatrice de la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique et de l’Association Internationale de Psychanalyse de Couples et de Familles). Elle a été formée à la psychanalyse de couple et de famille par André Ruffiot , un des fondateurs de la thérapie familiale psychanalytique à Grenoble, en France, après avoir fait un cursus analytique personnel individuel et de groupe ( formation au psychodrame psychanalytique et au Photolangage, une technique de groupe à médiation). Elle a fondé à Lyon, avec d’autres collègues, en 1989, L’Association pour le Développement du Soin Psychanalytique Familial, où elle reçoit des familles en cure analytique et fait de la formation à la thérapie familiale psychanalytique . A l’université Lyon 2, elle a crée avec une autre collègue, le Diplôme Universitaire d’Approche Psychanalytique Groupale et Familial. Elle a une longue pratique des groupes, des familles et des couples, et fait aussi des psychotherapies psychanalytiques individuelles. Elle a également travaillé longtemps en institutions de soins (psychiatrie). Elle continue à faire des supervisions et des formations à l’écoute psychanalytique familiale en institution. Ses travaux scientifiques portent essentiellement sur la transmission psychique inconsciente en thérapie familiale psychanalytique et sur les liens familiaux. Elle travaille également sur la dynamique institutionnelle. Elle a beaucoup publié dans le Divan Familal, revue de la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique et a participé à la publication de plusieurs ouvrages collectifs: dont ”Crises familiales: violence et reconstruction”, sous la direction de G. Decherf et E. Darchis.,2005, “Amour, haine et tyrannie dans la famille “, sous la direction de G. Decherf, A. M. Blanchard, et E. Darchis,2006, publiés chez in Press.

Cristina Calarasanu: Comment est nee votre experience avec les psychologues roumains?

Christiane Joubert: La première fois que je suis venue travailler avec des psychologues roumains, c’était en convention ERASMUS entre l’université de Lyon 2 et l’université publique de Roumanie à Bucarest; cela concernait surtout des psychologues en formation. Puis ensuite pour développer la formation à la thérapie familale psychanalytique et de couple , dans le cadre d’APSYLIEN, dont je suis aussi membre fondatrice avec Rosa Jaitin.

Cristina Calarasanu: Je veux vous parler maintenant de situations dont les psychologues roumaines se confrontent souvent. D’habitude les parents apporte l’enfant au psychologue en disant qu’il y a un probleme ou de comportements qui inquietent: mal resultats a l’ecole, agresivite, timidite, enuresis, isolation. On peut aider les parents a rester a cote de l’enfant en therapie et a travailler ensemble?

Christiane Joubert: Souvent en effet, c'est l'enfant qui est “désigné” comme porteur de symptômes, mais en fait il exprime à travers les symptômes une souffrance familiale , groupale et transgénérationnelle. Les difficultés de l'enfant inquiètent aussi toute la famille et c'est alors que l'on propose de les recevoir tous ensemble pour travailler autant autour des difficultés de l'enfant que des souffrances psychiques et somatiques qui traversent toute la famille. Nous n'avons pas seulement une approche individuelle. mais une écoute groupale des symptômes, et nous sollicitons l’expression de chacun autour d’une difficulté, pour qu’il y ait une résonance groupale. Chacun dit ce qui lui vient à l’esprit en groupe et à propos de la famille.

Cristina Calarasanu: Plus le probleme est grave (autisme, psychose infantile, abuse, desordre familliale), plus est-il presente comme mineur. Comment on peut parler aux parents en ce qui concerne le noyau qui se cache derriere le symptome ?

Christiane Joubert: Bien-sûr, il faut du temps pour que les parents acceptent un grave dysfonctionnement de leur enfant. Il sont souvent dans le déni. On respecte les modes de défense et peu à peu on travaille en profondeur, lorsque le lien de confiance est bien établi entre la famille et les thérapeutes, lorsque le transfert est bien installé. On travaille sur la dynamique transférentielle, contre-transférentielle et inter-transférentielle. Il y a d’abord un transfert sur le cadre proposé, qui est testé, éprouvé, pour vérifier sa solidité, établir la confiance, puis un transfert sur le processus, quand la famille comprend pourquoi elle vient et qu’elle investit le travail psychique, et enfin un transfert sur les thérapeutes qui amène la différenciation, chaque thérapeutes sera perçu dans son individualité,different de ses collègues.

Cristina Calarasanu: On rencontre des famille ou l’incest n’a pas ete un tabu, il s’etait produit, mais le tabu s’etait deplasse sur la parole. Comment on peut elaborer une certaine traumatisme dans la therapie?

Christiane Joubert: Dans ce cas là, il y a en effet, un traumatisme grave dans la lignée, puisqu'un interdit fondamental a été transgressé, et cela provoque un secret , un interdit de dire, et les symptômes auront pour fonction de remettre au travail psychique ce qui fait “tabou” ce qui ne peut se dire avec la parole, mais qui se dit autrement (par des souffrances somatiques ou psychiques). Au cours du processus de la thérapie cela pourra se verbaliser, quand la famille sera prête pour cela et qu'elle fera l'expérience que parler n'est pas dangereux et qu'elle aura instauré un “bon lien de confiance” avec les thérapeutes ( un bon transfert). Alors ce qui a fait tabou, pourra se raconter, s'élaborer comme “un roman”, faire histoire (fantasmatique, mythique), une mythopoïèse familiale, riche et souple, et ensuite chacun se l'appropriera pour le transformer et le transmettre à son tour.

Cristina Calarasanu: Nombreux d’enfants qui sont apportes, ils ont dans leur famille “un secret” qui produit le symptome. Le procesus symptomatique apparait a cause du fait qu’il est impossible de dire “le secret”, il est intolerable. Parlez nous de l’importance du “secret” dans le groupe familliale.

Christiane Joubert: On parle autour de ce qui a fait secret et pourquoi cela fait secret, sans en chercher le contenu. Ainsi on peut élaborer les vécus de honte( du côté des liens narcissiques), la culpabilité, (plus névrotique) et entendre d'abord comment cela se rejoue dans le transfert. Le secret a pour fonction de tenir le lien: tous sont liés pour ne pas dire, ne pas penser. On respecte d’abord ce mode de fonctionement, souvent dans ce qui est éprouvé du côté des thérapeutes, puis peu à peu on va solliciter la pensée, les représentations. Les thérapeutes pensent et la famille fera de même, sans danger. La famille va alors se raconter son histoire, toujours fantasmatique et en transformation.

Cristina Calarasanu: Dans la majorite des cas, c’est la mere qui vienne avec l’enfant. Ca fait partie de la responsabilite maternelle, le pere etant souvent absent, indiferent, pasif ou meme refractaire. Quel role joue ce pere? Quelle est la modalite a lui apporter a cote de la famille?

Christiane Joubert: Il est toujours souhaitable que le père puisse venir. Pour cela, on peut l’inviter aux séances, même si parfois il est absent. Un horaire est à aménager aussi pour qu’il puisse venir, en dehors du travail (souvent le soir ou le Samedi), et peu à peu il trouvera sa place au cours du processus de soin. Si les thérapeutes pensent sa place, (ne l’oublient pas), cela l’aidera à la prendre.

Cristina Calarasanu: Dans le cas ou la demande est formulee indirect (par exemple par email): vous pensez que mon enfant a besoin de therapie? Qui doit venir avec lui? Donnez moi un conseille) on ne connait pas l’enfant, mais seulement le symptome. Qu’est qu’on peut faire? Comment on traduit la demande?

Christiane Joubert: Il est souhaitable lorsque la demande porte sur l’enfant de proposer d’abord au moins deux consultations avec toute la famille, pour faire un diagnostic du mode de fonctionnement groupal et ensuite proposer un soin que la famille peut prendre, en fonction de son organisation psychique, groupale, de ses défenses. On distingue ainsi toujours le temps des consultations (deux ou trois, mais pas trop car le transfert s’installe) du temps de l’engagement dans la thérapie. Il faut prendre son temps pour proposer la meilleure indication possible et créer l’alliance thérapeutique.

Cristina Calarasanu: On parle de la therapie de l’enfant qui a les parents divorces. L’un d’eux apporte l’enfant, mais l’autre peut etre absent ou en conflit. Comment on peut travailler avec eux? Quels roles joue les nouveaux partenaires?

Christiane Joubert: Si les parents sont trop en conflit et ne peuvent venir ensemble, ils peuvent venir en alternance, une fois l’un et l’autre fois l’autre, etc… et s’ils le souhaitent avec le nouveau partenaire qui en tant qu’adulte et partenaire joue un rôle important auprès de l’enfant (un rôle parental, sans se substituer au père ou à la mère).On peut travailler le rôle et les places de chacun.

Cristina Calarasanu: Quand deux therapeuts travaillent, comment on fait l’echipe, la choix? Quel est le role du co-therapeut est comment se passe l’interaction entre eux?

Christiane Joubert: Quand on travaille à deux ou à plusieurs, il est très très important d’analyser ce qui se vit, se pense entre les thérapeutes par rapport à la famille qu’ils ont en charge: c’est l’analyse de l’intertransfert, en poste-séance d’abord, puis en supervision de groupe ensuite, car la problématique familiale se rejoue sur le groupe des thérapeutes.