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Articole

La théorie du lien en psychanalyse et en thérapie familiale.
Hommage à Enrique Pichon-Rivière
19 juin 2002


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Alberto Eiguer

Psychiatre et psychanalyste, président de la Société française de thérapie familiale psychanalytique, membre de la Société psychanalytique de Paris, dirige la revue Le divan familial. 154, rue d’Alésia, 75014 Paris

Applications

La théorie des liens a été développée dans le contexte des groupes. Mes premières applications de ces idées à la famille ont été exposées en 1983, étendues au couple en 1998. Différentes facettes apparaissent simultanément dans le lien se renforçant au fur et à mesure que la relation se consolide. L’une d’elles est la continuité psychique, l’identification primaire y est active (S. Freud, 1921), c’est un niveau d’empathie (H. Kohut, 1971) ou de transfert de base. L’autre est alors imaginé comme une partie de soi, comme ayant des aspects communs, fût-ce des habitudes, des convictions, des éléments culturelles. Si l’autre est apprécié, cela est en grande mesure dû à ce que le sujet se déprend d’une partie de sa libido narcissique et la déplace sur lui. Ce niveau est celui des liens narcissiques.
Une deuxième facette : l’autre est rattaché à un objet interne. Il est vu comme différent et le cas échéant, comme complémentaire à soi, attrayant par ce que son contact promeut quant aux plaisirs potentiels. Il est source de curiosité parce qu’énigmatique, admiré par ce qu’il possède ou ce qu’il sait créer, ou détesté parce qu’il frustre, qu’il abandonne, qu’il rappelle la castration, et qu’il laisse entendre que le désir de l’avoir ou d’être comme lui est fort aléatoire. Ici dans cet investissement d’objet s’inscrirait la génitalité. C’est le niveau des liens objectaux.
J’ai insisté sur le mouvement inducteur des conduites chez l’autre membre du lien ; il convient de faire remarquer que ce que l’on cherche (atteindre ou toucher), c’est sa subjectivité, capter le mouvement inconscient des liens entre le moi et les objets internes chez l’autre, une pensée, un éprouvé, des sensations, la façon dont l’autre traite ses représentations et dont il sait le transmettre. Les membres du lien reproduisent l’illusion mère enfant ; on peut supposer que ce modèle se renouvelle à l’occasion de chaque relation à deux ou à plusieurs moyennant différentes modalités d’identification… Une forme d’identification mérite d’être isolée : l’identification de l’autre à un de ses objets internes. Celle-ci n’est ni une identification introjective, " réflexive ", ni projective, mais " attributive ". Si l’autre possède toutefois un trait semblable à celui de l’objet interne, le sujet a pu le reconnaître préalablement en tant que potentiellement susceptible de porter cette représentation interne. Une identification attributive peut donc être précédée d’une " identification introjective ", d’un appel de résonance avec ce qui est connu.
Il me paraît également important de souligner que chaque niveau narcissique et objectal se comporte de façon indépendante.